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Le développement économique nuit-il à la diversité linguistique?

6a00d83451b56c69e20147e3c9dfdd970bUne étude rapportée BBC.com explique que les langues minoritaires sont plus menacées dans les pays en avance économiquement. Bien que ce ne soit pas bien surprenant, il est important de comprendre en quoi ces langues sont tout d’abord menacées. Au moyen-âge, les puissances européennes étaient peut-être plus développées que leurs voisins, cela n’empêchait pas aux dialectes d’être plus que vivants: pourquoi en est-il autrement aujourd’hui?

Qu’est-ce qu’une langue et qu’est-ce qu’une langue morte ou disparue?

Une langue, c’est quoi?

Bien évidemment, et je ressors encore une fois cette phrase tiroir du placard: il convient de définir ce qu’est une langue. Des termes comme dialecte/langue/sociolecte/pidgin/créole viennent compliquer les choses, et on a souvent à faire à certaines conceptions du terme langue qui sont bien personnelles. Le plus souvent, on considère que les dialectes sont intercompréhensibles et que les langues ne le sont pas forcément, ou alors qu’une langue est dotée d’un statut et d’une littérature, d’une tradition, d’une écriture, alors que le dialecte serait une version plus brute, plus bâtarde. Mais c’est souvent bien plus compliqué: comme disait Max Weinreich, « une langue est un dialecte avec une armée et une flotte », et on ne peut pas lui enlever que c’est relativement proche de la réalité.

  • Le moldave est très (très très) proche du roumain, pourtant c’est bel et bien la langue officielle de Moldavie. La Moldavie a depuis la chute de l’union soviétique oscillé entre réunificationisme roumain (et le moldave était alors vu comme du roumain) et sécessionnisme (et alors le moldave redevenait la langue nationale, différenciée du roumain standard).
  • D’un autre côté, le dialecte parlé à Lübeck au nord de l’Allemagne est probablement plus séparé du standard allemand que ne l’est le moldave du roumain; pourtant, le dialecte de Lübeck est considéré… comme un dialecte.
  • Le monténégrin est la langue officielle du Monténégro, pays ayant acquis l’indépendance en 2006 de ce qui restait de la Yougoslavie. Ce petit pays de 600.000 habitants parle officiellement le monténégrin, langue reconnue et officialisée par la constitution adoptée en 2007. Le problème, c’est que le monténégrin est en réalité très très proche du serbe, et il n’existe aucune différence entre le monténégrin officiel et la serbe parlé dans certaines régions de Serbie. D’autre part, serbes et monténégrins se comprennent mutuellement sans problèmes, et leurs parlers sont si proches que certains parlant le monténégrins disent parler serbe. Le monténégrin est en réalité une langue de cohésion nationale, standardisée et érigée en langue nationale afin de justifier un nationalisme politique. l’orthographe n’a été fixée qu’en 2009, la grammaire officielle a été approuvée en 2010 par le gouvernement (langue/politique semblent alors indissociables), et tout est fait pour accentuer les différences entre monténégrin et serbe.
  • Le suisse allemand n’est la langue officielle d’aucun pays, bien qu’il soit parlé et appris avant l’allemand standard par les suisses allemands. Bien qu’il n’existe pas un suisse allemand, ce dernier est probablement plus différent de l’allemand standard que ne l’est le monténégrin du serbe.
Les isoglosses aux îles Féroé. Notons que les féroïens ne considèrent pas a priori parler des 'langues' différentes.
Les isoglosses aux îles Féroé. Notons que les féroïens ne considèrent pas a priori parler des ‘langues’ différentes.

Tout cela montre à quel point la notion de langue… est subjective. J’imagine que l’article de la BBC fait référence aux langues en général, incorporant ce qu’on voit parfois comme des dialectes notamment. Dans ce cas, un autre problème est posé: celui du continuum linguistique. En effet, le continuum linguistique est une notion qui désigne un environnement dans lequel chaque village parle une langue quasi-identique à celle du voisin, avec quelques petites différences minimes. Cependant, plus on s’éloigne d’un village donné, plus les autres villages auront des parlers différents, jusqu’à ce qu’ils ne soient plus compréhensibles. Le continuum est presque impossible à découper géographiquement, si ce n’est en identifiant les isoglosses, c’est-à-dire les lignes nettes de rupture qu’il peut y avoir entre un groupe de village et un autre (par exemple, un /p/ devenant un /f/ dans une certaine position, en Allemagne il existe un isoglosse qui sépare les zones où l’on dit Dorp ou Dorf pour « village »). Cependant, les isoglosses sont rarement des obstacles à la compréhension. Pour résumer le continuum, c’est comme avec un arc-en-ciel: il est difficile de dire à quel endroit précis le rouge devient orange (ici, à quel endroit un dialecte A se distingue d’un dialecte B), même s’il est clair que le rouge et le bleu situé plus loin forment deux couleurs différentes (ici, qu’un dialecte A se distingue nettement d’un dialecte Z).

Les langues meurent-elles vraiment?

Le linéaire B est le nom donné à l'écriture ci-dessus. En 1952, Michael Ventris découvrit qu'il s'agissait en fait du mycénien, un dialecte du grec archaïque. Si les langues disparaissent, elles laissent parfois des traces.
Le linéaire B est le nom donné à l’écriture ci-dessus. En 1952, Michael Ventris découvrit qu’il s’agissait en fait du mycénien, un dialecte du grec archaïque. Si les langues disparaissent, elles laissent parfois des traces.

L’article traite des langues mourantes. Après avoir discuté de la notion de langue, il convient bien sûr de voir si une langue peut en réalité mourir. Bien évidemment, et pour écourter tout débat inutile: oui, une langue ça meurt, tout comme une espèce peut disparaitre. Mais il y a un MAIS: lorsqu’une langue disparaît, elle laisse le plus souvent des traces, qui peuvent être claires (matérielle, l’idéal étant une grammaire, mais d’une façon générale, tout écrit déchiffrable est un document précieux permettant de reconstituer une grammaire et de placer ladite langue sur un arbre de langue, laissant place à la comparaison avec d’autres langues affiliées grâce à la linguistique comparée) ou plus subtiles (dans le lexique d’une autre langue par exemple).

Ce dernier cas décrit est très connu des linguistes: il s’agit du principe de substrat. Lorsqu’une communauté change de langue ou impose la sienne, la langue dominante est influencée par les langues dominées: ainsi, le français comporte des termes gaulois qui ont résisté à la romanisation (ruche du gaulois *rûsko « écorce » par le biais du bas-latin rusca, gober du gaulois *gobbo « bec »), mais aussi des termes étrusques (personne, lié à l’étrusque phersu désignant un personnage masqué et barbu présent dans des spectacles funéraires), langue du centre de l’Italie disparue après que les latins aient assimilé ses locuteurs. Une grande série de mot viennent du francique, langue parlée par les francs, est aussi présent en français. Les langues qui se succèdent s’imprègnent alors des autres déjà présentes, pénétrant dans le lexique mais modifiant aussi grammaire et prononciation (en sanskrit, l’origine de la série de consonnes dites ‘rétroflexes’ est aussi présente dans les langues dravidiennes; il est probable que les langues parlées en Inde avant que les indiens y soient arrivé les aient transmises au sanskrit lorsqu’il imposé aux populations locales). Les substrats se retrouvent souvent dans les toponymes (noms de lieu): par exemple, en Autriche, beaucoup de noms de villes sont d’origine celte, latine et slave.

Les langues anciennes sont-elles mortes?

Un extrait du rigveda en sanskrit védique. Le sanskrit védique est une vieille langue indienne, ancêtre d'une multitude de langues parlées aujourd'hui en Inde. Le sanskrit est encore appris et parlé par certains académiques et religieux.
Un extrait du rigveda en sanskrit védique. Le sanskrit est une vieille langue indienne, ancêtre d’une multitude de langues parlées aujourd’hui en Inde. Le sanskrit est encore appris et parlé par certains académiques et religieux.

Par ailleurs, les langues évoluent et c’est bien normal. De l’indo-européen commun, nous avons aujourd’hui près de 460 langues indo-européennes parlées (un chiffre à débattre, mais cela donne un ordre d’idée). Les langues se dialectisent, les dialectes obtenus se séparent de plus en plus, et au final, on obtient des langues aussi différentes que l’iranien, l’hindi, l’anglais ou le grec. L’indo-européen a survécu dans chacune d’entre elles, tout comme le latin a survécu à travers le français, l’italien, le sarde ou le roumain. Le latin n’a d’ailleurs jamais cessé d’être parlé – le monde ne s’est pas réveillé un jour sans que le latin de la veille ne soit plus parlé – mais il a très lentement évolué, de façon différente selon les régions, selon les substrats et selon les peuples qui le parlaient. Le français peut être vu comme un dialecte du latin, celui-ci en étant un fils « bâtard ».

Une tablette en linéaire A. Le linéaire A, contrairement au linéaire B, est écrit dans une langue disparue et inconnue.
Une tablette en linéaire A. Le linéaire A, contrairement au linéaire B, est écrit dans une langue disparue et inconnue.

Mais une langue disparue ne vit plus pour autant. Une langue morte est une langue, qui, comme son nom le dit si bien, est morte. Cela veut dire qu’elle ne possède plus aucune diachronie (personne ne pense dans ces langues, personne ne les utilise de façon spontanée au quotidien, et elles n’évoluent alors plus à travers les âges). Certaines deviennent d’autres langues (le latin, le germanique, le sanskrit), d’autres s’éteignent tout simplement (le cornique, l’étrusque, et probablement des milliers de langues dont on a aujourd’hui plus aucun témoignage). Lorsqu’une langue meurt, c’est alors un grand travail philologique qui s’impose afin de comprendre à quoi elles ressemblaient avec la plus grande exactitude. Ce travail est accompli par les linguistiques spécialisés en diachronie, qui étudient alors le plus souvent une famille de langue en particulier.

Quand c’est fini, c’est pour toujours

Mais (et oui, encore un mais!) une langue disparue ne revient pas à la vie. C’est foutu, c’est comme pour l’ours blanc. Ou en tout cas, une langue disparue ne revient pas telle quelle: le cornique, disparu au XVIIIe, a été « restauré » un peu comme l’on restaure une maison. Comme les anglais ne pouvaient pas prononcer les sons du cornique, ils les ont prononcés à l’anglaise, et comme la moitié du vocabulaire a été perdu, ils ont été piquer les mots à l’irlandais et au breton. Difficilement à croire que le cornique d’aujourd’hui serait compréhensible pour les derniers vrais locuteurs du cornique.

L’hébreu est également une langue restaurée. L’hébreu en revanche a été basé sur un gros corpus de texte, mais son usage a été interrompu pendant plusieurs siècles durant lesquels la langue n’a eu qu’un usage liturgique. De grandes parties du lexique manquaient alors, qui ont notamment été remplies par des néologismes.

Mais ces langues ne seront jamais ce qu’elles ont été. Elles forment tout au plus une « variante » de la langue originelle que l’on cherche à restaurer, les langues disparues l’étant pour toujours.

Mais pourquoi les langues disparaissent-elles?

Il n’y a pas une seule explication qui suffirait à décrire la disparition d’une langue. Toute disparition est souvent multifactorielle. Le contexte socio-linguistique est souvent important, une langue étant perçue « moins bien » qu’une autre.

Le dialecte, c’est du français moche (ou de l’allemand, de l’italien, etc.)

Il existe la croyance selon laquelle un dialecte est une forme bâtarde de la langue standard. Parler picard, c’est parler du français dégénéré. Alors il faut « corriger » cette mauvaise langue, la rendre plus pure, plus belle, plus acceptable. Cela passe par l’école primaire où on corrige la prononciation erronée, puis par le contexte social où gommer l’accent et éliminer les régionalismes permettent une meilleure insertion dans le monde du travail, et puis finalement par la non transmission de la langue aux générations suivantes.

Le dialecte, c’est moche, c’est pour les débiles. Il faut donc l’éliminer.

Ce processus est à la fois issu d’une volonté politique (le service militaire et le système d’affectation cassait les dialectes) et d’une volonté personnelle (le dialecte me discrimine socialement donc je l’élimine).

Un pays doit avoir une langue unique: linguicide

Image empruntée à xx sur un article traiant du linguicide au Canada. L'image parle d'elle-même, en résumant ce qu'est un linguicide.
Image empruntée à briarpatchmagazin.com sur un article traitant du linguicide au Canada. L’image parle d’elle-même.

La France en est un exemple: la langue française est la seule langue officielle de France. Tout autre langue est au mieux tolérée, au pire ignorée, les initiatives d’enseignement de langues régionales étant timides. La politique d’un pays a beaucoup de pouvoir en matière d’agissements linguistiques, et certaines politiques sont linguicides: des langues sont interdites, des langues ne sont plus enseignées, des langues sont promues de sorte à ce que d’autres en pâtisse. Nous avons vu au début de l’article que certaines langues étaient catapultées en tant que langues nationales, ce qui représente également une forme de politique linguistique par ailleurs contraire, mais pas incompatible avec le linguicide: c’est par exemple le cas lorsqu’un dialecte est privilégié à un autre concurrent.

La langue, un poids culturel a assumé?

En réalité, si les langues se perdent, c’est bien évidemment aussi parce que les locuteurs décident de ne plus la transmettre. Si on peut blâmer la société et le contexte politico-social favorisant une langue plutôt qu’une autre, il y a bien des cas où la non-transmission de sa propre langue maternelle n’est pas vraiment issue d’un choix réfléchi mais s’est imposé « ainsi ». Plusieurs immigrés décidant de s’exprimer dans la langue du pays plutôt que sa langue maternelle à ses enfants (l’immigration intérieure y est également comprise, et je fais particulièrement référence à

l’immigration bretonne à Paris), des couples mixtes utilisant une langue commune entre eux et utilisant ensuite ladite langue commune avec les enfants plutôt que leurs langues maternelles, l’usage d’une langue plus utile comme « l’anglais » plutôt que la langue maternelle afin de rendre service aux enfants… et j’en passe. Pourtant, s’il est aujourd’hui communément admis que le multilinguisme n’apporte que des avantages (et le nombre de langues augmentant, les avantages augmentent également), cela ne suffit pas à ce que les gens prennent conscience que leur héritage linguistique peut avoir une importance.

La langue est un poids culturel à assumer. Beaucoup, par facilité, préfèrent opter pour une solution qu’ils croient plus facile: pour faire survivre une langue, il faudrait donner envie aux gens de l’apprendre et de la faire perdurer; toutes les initiatives en matière de sauvetage linguistique ne peuvent être que vaines si les locuteurs (potentiels) eux-mêmes ne veulent pas en entendre parler.

Uniformisation mondiale: plus d’échange, moins de diversité

Tout comme le français a été privilégié socialement aux dialectes, l'anglais s'impose de plus en plus dans certaines couches socio-culturelles pour faire "in".
Tout comme le français a été privilégié socialement aux dialectes, l’anglais s’impose de plus en plus dans certaines couches socio-culturelles pour faire « in ».

Mais il faut être lucide sur une chose: plus il existe des échanges entre des communautés, plus leurs différences (langagières) tendent à se lisser. cela se voit notamment sur le lexique : au XXIe siècle, l’anglais a un taux de pénétration important dans TOUTES les langues du monde si l’on décide de mettre à part celles qui sont parlées par les peuples autochtones d’Amazonie entre autre. Le latin l’a été a une époque également, le grec l’a été et l’est encore, et de ces deux langues, on a constitué des ensembles lexicaux communs à toute l’Europe. Cela se voit également dans beaucoup de dialectes où les termes pénètrent dans le standard, qui à son tour le redistribue dans d’autres dialectes. Ainsi, là il existait à la base plusieurs termes différents dans des parlers différents, un des termes est pris et redistribué aux autres, sous formes de doublet d’abord, puis éliminant ses derniers parfois.

Les échanges sont également une raison pour laquelle on doit abandonner l’apprentissage d’une langue « inutile » pour se focaliser sur une langue « utile »: ne plus apprendre la langue locale pour se focaliser sur l’anglais est l’exemple type.

Conclusion

Tous les éléments cités ci-dessus ont une chose en commun: on les rencontre dans les pays les plus développés de façon plus importante que dans les autres. Tout cela est par ailleurs intimement lié au concept de l’état-nation dans beaucoup de cas: alors, toute langue non-nationale est indésirée, socialement discriminante, et parfois à éliminer; en outre, le climat sociétal peut lui-même inviter les populations à troquer leur langue maternelle (qu’elle soit un dialecte proche du standard, une langue régionale ou issue de l’immigration) avec la langue nationale, associée à un prestige, une lumière, une force inhérente et imperceptible qui justifie d’un tel arrangement. En cela, en rajoutera le poids économique représenté par ces langues, tout d’abord bien évidemment l’anglais dans le monde, mais aussi l’arabe dans les pays du golf, l’allemand en Europe centrale (plutôt que ses dialectes), le français en Afrique (plutôt que les langues locales), l’espagnol en Amérique du sud (idem), et la liste est encore bien longue.

Comme le dit l’article originel: « People are forced to adopt the dominant language or risk being left out in the cold – economically and politically. » Soit: les gens sont forcés d’adopter la langue dominante ou de risquer d’être laissés de côté dans le froid – économiquement et politiquement. Pour reprendre l’exemple du moyen-âge de l’introduction, la situation était différente: la politique linguistique n’en était pas vraiment une, le concept d’état-nation n’était pas encore apparu, et le latin était la langue vernaculaire alors que le latin lui-même n’était plus parlé par personne nativement. Les contacts entre les populations (beaucoup plus sporadiques) et le système social (beaucoup plus clivé) donnaient une toute autre situation sociolinguistique: tout l’ancien empire romain était désormais au moyen-page un vaste continuum linguistique et il suffisait largement aux gens du peuple de se comprendre avec le voisin. De plus, l’accès à l’éducation était réservé à une élite.

Mais pourquoi sauver les langues?

Bien évidemment, de nouvelles langues apparaissent également. Mais comme nous l’avons vu au début de l’article, plusieurs de ces langues sont en réalité très proches d’autres déjà existantes, tandis que certaines bien plus distinctes ne sont probablement même pas comptées. Mais au final, et pour reprendre une question que j’entends souvent, on peut se demander: « mais pourquoi sauvez les langues? ». Eh bien, je me contenterai de répondre en paraphrasant August Schleicher, « comme les langues disparaissent peu à peu et qu’aucune vraiment nouvelle ne peut apparaître, il devait y avoir originellement bien plus de langues qu’aujourd’hui »*. Eh oui, les familles de langues qui se sont constituées à l’aube de la civilisation s’affaiblissent à chaque fois un peu plus lorsque l’une de leurs langues filles meurt, et si ces familles disparaissent, et nul ne pourra jamais les ramener à la vie.

lorsqu’une langue meurt, c’est un petit bout de notre culture qui s’en va. Bien évidemment, cela est mené à se passer, et l’on pourrait en pleurer toutes les nuits que cela n’y changerait pas grand chose. Cependant, certains chiffres sont tout de même déplorable: 25% à 50% de langues menacées, une langue disparaît toutes les deux semaines, et si rien n’est fait, 90% des langues pourraient y passer.

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(*) Citation originale de Schleicher en allemand: Da jedoch fort und fort sprachen unter gehen, wirklich neue aber nicht entstehen, so muß es ursprünglich vil mehr sprachen gegeben haben, als gegenwärtig.