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fier comme un pou – PTE#4


D’où vient l’expression « fier comme un pou »? Est-ce lié à cet animal parasitant nos cheveux? Pourquoi les truites sont si inutiles? Réponses dans cette vidéo!

Au programme: pourquoi le pou est un coq, le mot jal, et l’onomatopée.

Le pou est un coq

Comme il l’est expliqué dans la vidéo, pou dans l’expression fier comme un pou se réfère au « coq » et pas au pou, l’animal qui squatte dans nos cheveux. En effet, il faut distinguer deux choses :

– Le mot pou que l’on a aujourd’hui vient du latin vulgaire peduculus, correspondant au latin classique pediculus, diminutif de pedis « pou ».

– Le mot pou qui a pour sens « coq », et qui possède les variantes pol et poul notamment, qui vient du latin pullus « petit animal, petit d’un animal » et qui sous l’empire romain désignait le plus souvent le coq et le poulet.

En ce qui concerne ce dernier, pullus en latin désignait en effet bien à l’original le petit d’un animal ou un petit animal : il est en effet lié à la racine proto-indo-européenne *ph₁w- signifiant « petit(esse) », que l’on retrouve en sanskrit sous la forme pota « jeune animal » ou en lituanien putytis « jeune oiseau, jeune animal », mais aussi en grec ancien sous la forme πῶλος/pṓlos « poulain, pucelle, jeune animal domestique » et en ancien arménien ul « enfant ». Cette racine a aussi donné en latin les mots paulus « petit » et pauper « pauvre ».

Il est aussi en français aux mots poulain, pouliche, poney (par l’anglais pris au français) et pulluler, cependant d’autres mots pourraient être inclus à la liste, comme puceau, pucelle, ou puéril.

Le cas du mot jal

Dans la vidéo, il est dit que coq a supplanté le mot jal, mais l’étymologie de ce mot n’est pas abordée dans cette vidéo.

En fait, jal était le descendant direct du latin gallus. Ce dernier désignait en latin le coq, mais se distinguait de pullus par le fait que pullus était un terme plus général, désignant souvent indistinctement les poules, les poulets et les coqs sans se référer au sexe de l’animal en question. Au contraire, gallus renvoyait uniquement aux coqs et aux poulets mâles, et pour cause : gallus vient de la racine proto-indo-européenne *gl̥H- qui est associée à la voix et à la parole. De cette dernière sont dérivés les termes russe голос/golos « parole », albanais gjuhë « voix »et lithuanien gal̃sas « echo », mais aussi anglais call « appel ». Ainsi, gallus désignait le coq, un animal connu pour son chant. Le mot jal, attesté en français au moyen-âge, a survécu dans beaucoup de dialectes et de langues romanes, tandis qu’il a laissé sa place en français moderne au mot coq.

L’onomatopée, un phénomène plus courant qu’on le croit

Les mots dérivés d’onomatopées sont courants. Tout d’abord, il convient de dire que de nombreux mots le sont clairement et c’est encore largement perceptible par leur structure : plouf, bim, boum, plotch. D’autres le sont beaucoup moins : coq en fait partie, mais il en existe d’autres : blablater (blabla), bouiboui, couiner (coincoin), cuicui, sniffer (snif) par exemple.

Souvent, ces onomatopées peuvent être utilisées comme interjections. Les interjections sont des mots-phrases, qui forment un énoncé indépendant à eux tout seul : ah!, oh! et eh! sont des interjections par exemple.

    Sources :